Centre Dramatique National de Quartier
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La saison 21
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Les humeurs de la saison 21
  Edito

Une salle de spectacle sans spectateurs, c’est triste. Comme un dimanche soir d’hiver. Comme un train que l’on vient de rater. Comme un apéro zoom. Comme un couvre-feu à 18 heures. Une salle de spectacle sans spectateurs, c’est dramatique. Comme la fermeture d’un lit d’hôpital. Comme une bouffée délirante. Comme une rupture amoureuse. Une salle de spectacle sans spectateurs, c’est dangereux. Comme de tourner en rond chez soi. Comme un abus de pouvoir, un geste déplacé, un regard de mépris. Comme une loi sur la sécurité globale. Il est bien difficile de vous écrire depuis cette salle de spectacle sans vous. On peut rire de tout paraît-il, mais avec personne, c’est très gênant.

Tout est pourtant fin prêt pour vous accueillir. Depuis si longtemps qu’on vous attend. Quinze fois que l’on s’est préparé, que l’on a installé les petites et grandes chaises, mis les bouteilles dans le frigo, briqué sols et murs, repassé les costumes, branché les amplis, fait une italienne et une allemande, répété, répété, répété. Sans vous, le goût n’y est pas. Le cœur ne bat pas à la même vitesse. Ça ne sert à rien de s’entêter. Vous ne pouvez pas venir. On ne peut pas vous accueillir. Nous ne sommes pas essentiels. Voilà tout. C’est comme ça, ha, la la la la la. On oscille entre résilience et colère. Tout le temps. Saute d’humeur, pétage de plomb, dégoût, impuissance, surmenage, flou, flou rire, flou flou. Ô incompréhensible gouvernant, tu te flou de moi !

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